Les derniers jours au Groenland

Hello la famille, les amis, voilà le récit de nos derniers jours au Groenland, lors de ce fantastique voyage.

 

Jour 11, Départ du camp avec pour objectif, notre dernier lieu de villégiature. Nous y resterons, encore une fois, deux nuits.

 

 Bon, aujourd’hui, on a un souci de pédale. Le dossier de Tony s’effondre brutalement sur les pieds de Minuccia, déclipant par la même occasion la corde de l’une des pédales. Le gouvernail est impossible à maîtriser dans ces conditions. Vicente, notre guide, viendra à notre rescousse. Il n’est pas facile d’opérer seuls sur un kayak et il nous prête main forte pour réparer cela.

 

On aurait très bien pu avancer sans gouvernail, mais c’est moins pratique et vu qu’on arrive pas trop à s’entendre sur le pagayage, Tony et moi, il est préférable que nous ayons un gouvernail en état de marche.

 

(Minuccia : Je n’avais, pour ma part, encore jamais fait de kayak avec gouvernail et je n’avais pas eu de souci de direction, mais le kayak était vide et j’étais seule.)

 

Cela dit, la cohabitation kayak s’est bien faite. Deux semaines sont suffisantes par contre. Minuccia préfèrera opter pour des kayaks solo si un nouveau trek de ce genre doit se faire. C’est son côté sauvageonne et solitaire.

 

Nous voyons le glacier Rasmussen devant nous et nous bifurquons sur la gauche pour aller poser le campement, presque en face du glacier Karale.

 

Le Karale est coupé en deux par une montagne et Minuccia me dit de suite qu’il y a peu, elle est certaine que ces deux blocs se rejoignaient. Ce que les guides nous expliquent 10 min après. En effet, en 20 ans, réchauffement climatique constaté (!), les glaciers reculent, et pas qu’un peu. C’est impressionnant. Cela nous fait même peur, de voir à quel point la nature subit l’homme…

 

Nous amarrons les kayaks et ne prenons que le repas de midi avec nous. Eh oui, la marée se chargera de nous apporter les kayaks. Pour une fois qu’elle nous aide, celle-là.

 

Et voilà que nous pensons aux dernières fois que nous faisons les choses.
Dernier déchargement des kayaks, dernier montage de tente…

 

Nous profitons de la journée ensoleillée pour faire une bonne toilette. Le lieu s’y prête avec ses nombreuses vasques naturelles, dans le canyon. Chacun trouve son coin pour patauger. Le soleil nous réchauffe vite de cette eau à 2 degrés et se sentir tout à fait propre est vraiment agréable.

 

Question wc, nous aurons toujours eu des superbes vues et cette dernière n’est pas en reste. Des wc avec vue sur glacier, t’as déjà eu ça, toi ?

 

Ce soir, nous terminons le repas par un verre d’alcool fort, rafraîchi à l’aide d’un glaçon provenant d’un iceberg. Ah, le luxe, ça n’a pas de prix !

 

***

 

Jour 12, Tout le monde est au ralenti aujourd’hui. Comme si personne ne voulait que ce voyage se termine. Nous sommes hors du temps, hors de portée. Rien du monde ne nous parvient et nous sommes sereins. Notre petite communauté s’entend bien et ce matin, tout le monde est paisible, posé avec son café à regarder les glaciers vêler.

 

Nous prenons les kayaks pour une dernière sortie. Nous prévoyons d’aller pique-niquer entre les deux parties du glacier Karale.

 

De notre campement, on a l’impression que le glacier est  à peine 15min de kayak. Mouais, il nous faudra plus d’une heure pour y parvenir. Il faut dire qu’ici, nous n’avons aucun repère spatial. Pas d’arbres, pas d’habitations, pas d’hommes donc les distances, les hauteurs, tout est compliqué. Le glacier Rasmussen à notre droite, nous semble grand, mais de là à dire qu’il fait 3km de large, c’est surprenant.

 

Une fois devant le glacier, nos guides nous donnent quelques recommandations.
On ne s’approche pas de façon à toucher le glacier, non non non, c’est dangereux. On reste ensemble, mais pas collés. Si un morceau se décroche, on prend le sens des vagues et on pagaie. Pas d’affolement, on ne va pas se renverser, on suit le mouvement et on s’éloigne.

 

Les recommandations faites, nous longeons le glacier et là, pfff, c’est magique. Comment vous dire ? On est minuscule. A l’intérieur, ça vêle, ça gronde, c’est le tonnerre. On entend des ruisseaux, des craquements, des explosions, des remous, des ressacs. La nature est tellement puissante et nous ne sommes tellement rien face à elle.

 

A midi, c’est un paysage désertique, lunaire qui nous sert de décor. Vicente nous a préparé des empanadas, tu le crois, toi ? Eh ouais, on est les rois et nos guides sont absolument géniaux, de vrais cuistots boute en train toujours de bonne humeur et pleins de savoir. Keuf keuf, c’est long à dire, mais c’est le minimum de qualificatifs que l’on peut leur donner.

 

Alors que TOUT le monde s’est endormi après ce repas, Minuccia part se balader. Une copine de groupe viendra la retrouver alors qu’elle était en train d’escalader une roche en forme de triangle. Façon Obélix, elle voulait voir la vue d’en haut.

 

Ici, plein de roches, broyées par les traces du glacier qui était présent. Aujourd’hui reculé, il laisse place à une timide verdure et quelques floraisons. Les pierres sont de toutes les couleurs, notre manque de culture géologique ne nous permet pas de toutes les identifier, mais il y a du mika, du quartz et des pierres jaunes donc avec du soufre.

 

Nous reprenons les kayaks pour le dernier trajet et une fois arrivés au campement, nous démontons les kayaks. Une fois démantibulés, nous nettoyons tout : kayak, jupette, gilet de sauvetage, nos affaires, bref, tout ce qui a été en contact avec l’eau salée qui grignote tout. Avec le soleil tout est rapidement sec. Petite toilette et nous sommes prêts pour le dernier dîner du trek.

 

***

 

Jour 13, Ce matin, le coeur n’y est pas. Dernier petit déjeuner au soleil devant les glaciers. Chacun se repasse le séjour et repense à la beauté des paysages que nous avons vus. Nous parlons tous de ce beau voyage et une fois que tout est rangé, nous attendons les trois bateaux qui vont nous ramener à Kulusuk.

 

12h : les voilà. Ainsi que petit renard qui vient rôder, histoire de voir ce que ce campement pourrait lui laisser. Nous faisons la chaîne, pas la dernière, pour charger les bateaux. Nous nous repartissons dans les trois embarcations et nous nous couvrons le plus possible. Nous voilà partis pour 1h30 de bateau à vive allure et nous remontons quasiment sur les pas parcourus en  kayak. Sauf le passage étroit, nous passons donc par un fjord plus important que nous avions contourné et nous voyons donc de nouveaux paysages.

 

Avec le vent et le froid, nous ne pouvons pas parler, mais les coeurs sont lourds et les larmes ne sont pas loin.

 

Lorsque nous arrivons à Kulusuk, nous formons notre dernière chaîne pour tout décharger. Nous porterons le plus de sacs possible à la maison Karavaniers, en attendant que Vicente avec le quad remonte les sacs de kayaks.

 

Ah la la, les coeurs sont lourds, le séjour est terminé. Nous profitons de nos derniers moments dans le village, chacun se balade. Nous allons même visiter le musée du village. Un musée qui rassemble tout ce qui est utile à la vie au Groenland. Le musée a été établi par une femme dont les parents ont toujours gardé et récupéré tout ce qui peut être utile.

 

On y découvre des outils, des vêtements en peau et des tupilaks. Ce sont des grigris porte bonheur. Des amulettes, si vous préférez.
Nous ne pouvons qu’encourager cette femme avec ce joli musée, car nous apprenons plein de choses sur la vie au Groenland grâce à celui-ci.

 

Nous rentrons à la maison pour le souper. Vicente nous a préparé du cabillaud frais et nous partageons notre dernier repas avec Delphine et lui.
Il semble que nous ne voulions pas que la soirée se termine et il est difficile de mettre fin au repas. Mais il est tard et il faut se résoudre à aller se coucher.

 

Les embrassades sont longues et chaleureuses.

 

Ils vont me manquer, ces joyeux drilles de cette beautiful gang.

 

***

 

Jour 14, La bonne humeur est toujours là et à 11h, nous voilà partis à pied pour l’aéroport. Direction Reykjavik. Nous laissons derrière nous, deux personnes splendides, nos guides, Delphine et Vicente. Ils nous ont apporté beaucoup de merveilles dans ces quelques jours de trek en autonomie au Groenland et surtout, ils nous ont donné envie de revenir voir ce pays, encore et encore, et en hiver aussi. Un petit trek en raquette ou ski pulka ? Volontiers.

 

Le coeur lourd et de nouveau les yeux embués, nous prenons place dans l’avion. Une fois rendus à notre hôtel à Reykjavik, nous nous donnons un dernier rdv, sans nos guides, pour dîner ensemble. Nous profitons de l’après midi, Tony et moi, pour nous balader dans le quartier. Il y a des brocantes et des concerts et en ville, c’est la gay pride. Il y de l’ambiance, cela nous change du Groenland. Voitures, pollution, animation, bruit, du monde, wow, on avait presque oublié ce que c’était…en tout cas, on avait bien oublié de s’en accommoder. Il est certain que nous aimons la nature et que son silence est le plus apprécié.

 

19h30 : nous sommes de nouveau en gang. Prêts pour dîner et nous trouvons une taverne pour nous accueillir. Au menu : de la baleine. Humm, c’est filandreux, saignant et tellement tendre. C’est comme un steak pour l’aspect, comme du veau pour la sensation.
P.S. : A ceux qui sont horrifiés que l’on puisse manger de la baleine, ne pensez vous pas qu’il est préférable, à l’heure du réchauffement climatique de manger ce qui se trouve près de chez soi ? Ici, on pêche ou chasse de façon très contrôlée, avec des quotas permettant un renouvellement des espèces. De toutes façons, on n’allait pas manger des escargots au Groenland ou en Islande. Mangeons local et pas industriel.

 

Si, seuls, les Groenlandais chassaient la baleines, elles ne seraient sûrement pas en voie de disparation à l’heure actuelle… A méditer.

 

Voilà, notre séjour s’achève, demain, 4 d’entre nous reprendrons l’avion pour la France. Nos amis québécois profitent de quelques jours de plus pour visiter Reykjavik et ses environs.

 

Minuccia est triste, elle espère vraiment garder contact avec cette gang et ne dit pas au revoir, mais à bientôt à tout le monde.

 

Tony lui ne pense plus qu’aux raquettes pulka pour un séjour au Groenland en hiver.

 

Nous espérons que notre journal de bord vous aura plu. N’hésitez pas à nous laissez des commentaires. Nous vous quittons pour ce trek sur une petite vidéo qui, nous l’espérons, vous plaira, elle aussi.

Nous vous préparons un petit guide sur l’Est du Groenland à la manière du guide Metz à Coblence à vélo et notre visite de Luxembourg. Pour tout savoir de ce pays, de ce qu’il faut pour un trek en kayak, du matériel, des vêtements et de comment cela se passe du côté logistique.

2 Replies to “Les derniers jours au Groenland”

  1. Merci pour cette approche des vacances et cette belle façon de décrire l’environnement dans lequel vous avez évolué.

    J’attends avec impatience vos prochaines pérégrinations dont je connais le début quand même.

    1. Super, merci beaucoup pour ta lecture et ton commentaire. Merci de nous suivre et à tout bientôt avant le grand départ 🙂

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