Les USA au Groenland

Hello la famille, les amis, notre séjour au Groenland était fantastique et pas que parce que nous étions en kayak, en groupe, en autonomie, dans la nature. Non, pas que pour tout ça. Mais parce qu’on a vu tant de choses fabuleuses : la nature, la faune, la flore et puis l’Histoire.

Eh oui.
Jour 8 à 11h, tout est prêt, sauf la marée. On porte les kayaks dans le bras de mer qui vient à nous tout doucement. On charge et on va tirer les kayaks dans l’eau, jusqu’à ce que l’on trouve un peu de profondeur. La balade est fraîche les pieds dans l’eau à 2 degrés. La journée doit être longue aujourd’hui, nous devrions faire une vingtaine de kilomètres, mais il ne faut pas oublier le uppa groenlandais.

Uppa : en groenlandais, on apprend vite à terminer nos phrases par ce terme. En effet, tout est conditionné par la météo. Et elle varie vite. Un peu comme en Bretagne, mais en pire. Du coup, tu peux prévoir ton programme de la journée, mais il ne faut pas oublier le uppa final. Les choses se feront ou pas, uppa. C’est comme en français !

Notre objectif de première étape n’est pas atteint. On s’arrête pour le repas de midi et on repart, vent de face, évidemment !

DSCF2735Et là, on arrive à l’ancienne base militaire américaine. Une base qui a servi durant la seconde guerre mondiale et la guerre froide. Position stratégique, le Groenland donnait un point de vue plus proche sur le vieux continent. Il ne s’agit pas ici de la base américaine oubliée et redécouverte en 2016. Je vous rappelle que nous sommes à l’Est du Groenland. Tout a été abandonné sur place. Camions, barils de carburants etc, tout est en état de rouille très avancé. Il est tout de même très impressionnant de se trouver là où des hommes étaient postés, à attendre des ordres et à certainement écouter le ciel et surveiller l’adversaire. Etrange sentiment qui nous envahit ici.

Nous déambulons sans trop savoir ce qui nous traverse dans ces ruines abandonnées, de vie passée, dans un contexte qui a, à tout jamais marqué les esprits.

DSCF2789Nous ramassons du bois, ici et là, c’est le seul que nous pouvons trouver. Il n’y a pas d’arbre au Groenland et le bois flotté est plutôt rare et très difficile à embraser. Nous chargeons les kayaks de notre butin et traversons le fjord pour poser notre campement en face de ce vaste souvenir.

Ce soir, nous nous réchauffons et dînons autour d’un bon feu. C’est un très agréable moment que nous partageons. En plus, on déguste un super dessert : pêches au sirop d’érable et à la crème fouettée maison. Un délice. Frigorifiés, une fois le feu fini, nous allons nous coucher, émerveillés par cette nouvelle journée.

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Jour 9 ce matin, on parle littérature. Livres, récits, BD de voyage, tout y passe et nous nous échangeons nos connaissances dans le domaine, un vrai festin culturel. La journée démarre bien.

On plie le campement et quand on regarde le paysage, on voit qu’on est bien, bien, mais alors bien loin de l’eau…

11h, on attend toujours l’eau venir à nous…

On porte les kayaks encore plus loin et à 12h, on attend toujours. On finit par monter dans les kayaks et attendre que l’eau vienne nous porter.

Encore une nouvelle façon d’embarquer. On en apprend tous les jours, c’est fabuleux.
La journée est super tranquille, pour UNE fois, le vent est avec nous. Du coup, on se laisse pousser tranquillement, sans trop forcer. Il y a beaucoup d’icebergs, on s’amuse à tourner autour, à slalomer entre les gros, les petits, les bourguignons, la banquise, les icebergs et on évite de faire un remake de Titanic.

17h30, on trouve un endroit magique pour le campement de ce soir. Une belle plage entre deux montagnes. C’est superbe. Notre tente, la plus résistante au vent doit être la plus exposée. En effet, il y a peu de place dans le renfoncement et nous aurons donc la primeur d’être tout devant. Face aux éléments déchaînés et prêts à sauver le groupe…euh, non, il y a eu du vent, mais rien de méchant, non, on n’est même pas des héros. Sauf Tony, qui lors du débarquement, rattrapera in extremis un kayak souhaitant s’échapper. Il plonge dans l’eau glacée pour le sauver. Enfin, il se retourne et il le retient, mais bon, laissons le croire qu’il est le sauveur de la journée.

La pluie s’invite pour le souper et pour la première fois, il fait vraiment nuit. Oui, l’obscurité est là. On sort même les lampes frontales pour retrouver nos tentes. Il ne fait pas froid, entre 5 et 10 degrés et tous, nous regardons le ciel. Cette pleine lune face à nous qui avance à une vitesse que nous n’avions jamais observée. Les icebergs s’effondrent dans de lourds fracas et nous nous endormons, paisibles, dans cette hostile nature.

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Jour 10, réveillés doucement par le soleil à 9h alors que nous avons regardé la nuit passer, c’est un surprenant petit déjeuner qui nous est concocté. Des crêpes ! on mange des crêpes, au beurre de peanut et au nutella, en pleine nature, près du 66° parallèle. Ah, c’est surprenant ça !

Aujourd’hui, c’est journée cool, un groupe prendra les kayaks allèges pour aller sur l’île en face et faire une petite balade. Un autre groupe, de trois personnes dont nous deux, Minuccia est grippée et Tony KO, restera sur place au campement à se prélasser.

Nous nous installons, en short/t-shirt et matelas sur la plage pour prendre un bain de soleil. Lecture, journal de bord et sieste sont au programme. Tony se fait piquer par un insecte au coin de la lèvre et, sans le vouloir, nous fait une super imitation de l’africain de Michel Loeb. Il ira casser un morceau d’iceberg pour le coller sur la lèvre et faire dégonfler cette piqûre. Ok Minuccia s’est bien fichu de lui, non sans avoir constaté, au préalable, qu’il ne souffrait pas. Mais c’était tellement drôle, ne lui en voulez pas.

Lorsque le reste du groupe revient, nous sommes tous heureux de nous retrouver et nous préparons le souper pour que chacun raconte sa journée.

Demain, nous rejoindrons notre dernier hôtel mille étoiles. Bientôt, la fin du séjour, nous n’en sommes que plus contemplatifs. Les fins ont toujours un goût amer.

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